Les métis, une dégénérescence de la race blanche

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L’histoire des métis du Congo est bien souvent méconnue, une véritable « affaire d’Etat » pour Assumani Budagwa qui a enquêté sur le sujet.

Le 25 avril 2017, L’Eglise catholique belge a présenté ses excuses aux enfants métis nés pendant la colonisation d’un père belge et d’une mère africaine. Beaucoup on été  arrachés à leur famille et envoyés en Belgique où ils ont été considérés comme des étrangers. Une histoire étouffée, véritable « affaire d’Etat » pour Assumani Budagwa qui a enquêté sur le sujet.

Durant toute la période coloniale, les métis ont été pour la plupart, des enfants supposés abandonnés ou assimilés à des orphelins, élevés dans des pensionnats scolaires pour « mulâtres » situés au Congo ou Les pères naturels blancs ne comptant pas ou n’étant pas encouragés à reconnaître leurs enfants, ils ont alors été enlevés à leur mère de force, parfois sous la menace et le chantage, puis dirigés majoritairement vers le pensionnat des Sœurs à Save au Rwanda.

Une toute petite minorité de métis a vécu avec ses parents, mais était également placée dans ces internats réservés aux « mulâtres ». Le blanc qui vivait avec son enfant métis et sa compagne africaine devait se montrer discret en public car il semblait transgresser la loi coloniale, sorte d’apartheid non écrite mais impérative.

Ces métis étaient considérés comme les enfants du péché suprême, une dégénération de la race blanche.

Jeannot Cardinal, métis, élevé en Belgique apporte son témoignage :  » Dans les documents que j’ai retrouvés il y a 5 ans, il y a deux documents que maman a signé de son pouce, parce qu’elle ne savait ni lire ni écrire. Le premier disait qu’elle était d’accord que je fasse des études en Belgique. Le deuxième, que je pouvais être adopté en Belgique. J’imagine qu’elle ne savait pas ce qu’elle signait ».

Le gouvernement belge voulait mettre de côté le risque que ces enfants représentaient, explique Assumani Budagwa : « la plupart des puissances coloniales considèrent le métissage comme étant une menace aux intérêts coloniaux. Plus particulièrement, les métis sont considérés comme des dangers parce qu’il y a une ascendance européenne et une goutte de sang blanc. Cumulant disait-on, les tares des deux races, ils pouvaient être les ferments de révolte. »

L’association Métis de Belgique demande aujourd’hui à l’Etat belge de reconnaître ces enlèvements forcés ainsi que la discrimination dont ces enfants métis ont souffert.

Aujourd’hui l’Eglise a enfin accepté d’ouvrir ses archives : « Les évêques ont appelé les institutions catholiques de Belgique, d’Afrique et de Rome à mettre toute documentation en leur possession sur les métis à disposition, afin de permettre à ces personnes de retrouver des parents en Afrique », rapporte l’agence Belga. L’histoire de ces enfants métis reste à écrire.

Fabrice Flobinus

Source TV5 Monde. Léa Baron

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